HOKA

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Petit retour sur le Guyan’trail avec le récit de Christophe LeSaux

(Par hoka le 15/02/2012)


«  Au programme 186 km avec 5500 m positif en 7 étapes.


Le peloton d’une trentaine de coureurs est composé d’une belle palette de francophones : Français, Suisses, Guadeloupéens, Martiniquais, Réunionais, Guyanais et néo-calédoniens.


 


Les Robinson sur leur île


Samedi 28 janvier…le bateau direction l’Ilet La Mère  (à 10 km de Cayenne) qui est un petit morceau de terre réservé à l'Institut Pasteur qui y élevait des singes afin de les utiliser pour la recherche .


 


La première étape consiste à faire quatre fois le tour de l’île –total 12 km- Dès le coup de sifflet de départ, je prends les devants suivi de Arnaud Lejeune. Il souffre un peu de la chaleur alors je décide de rester en sa compagnie et j'en profite pour lui commenter la faune et la flore guyanaise que nous rencontrons comme le fromager siamois un arbre de 40 m de haut et 5 m de large ou les saïmiris (singes écureuils) qui viennent à notre rencontre en quête de nourriture. 


On bouclera les 12 km en un peu plus d'1 h sous des t° dépassant 30°c, ensuite on en profite pour encourager le reste des coureurs qui souffrent de la chaleur sur ce prologue d'acclimatation.


Lors de notre retour en bateau sur Cayenne Patrick, Démétrio, Arnaud et moi, les derniers Robinson à quitter l’île, avons même la chance de voir une dizaine de dauphins


 


Humide, humide


Dimanche 29 janvier  -24km-  nous prenons la route pour la ville de Kourou sous des trompes d'eau qui ne nous quitterons plus du séjour.


4 km de latérite avant d'entrer dans la jungle où le layon chargé par la pluie est devenu une vrai rivière. Au bout de 20 km j'ai vraiment un coup de moins bien, alors Arnaud décide de m'attendre et de me soutenir. Il me donne même de quoi manger, un super esprit de traileur !


Tout le peloton viendra à bout des 24 km sauf Xavier victime d'une entorse et Cyril qui a un coup de fatigue. 


Après une bonne bière et une bonne galette des rois partagée avec une centaine de coureur guyanais qui courraient un Run & Bike, nous partons chez les amérindiens manger un bon repas sous un carbet traditionnel.


 


Bienvenus au zoo !


Lundi 30 janvier   -33 km- Etape de Risquetout , nom donné à cette zone lors de l’exploitation du cacao et de la canne à sucre à l'époque de l'esclavage.


La pluie est toujours présente et je pense que l'on va prendre des risques car nous aurons trois rivières à traverser. Dés le départ nous sommes déjà mis au parfum, nous franchissons des flaques d'eaux boueuses où parfois nous nous enfonçons jusqu'aux genoux.


Après 17 km entre piste et foret nous voila entrés dans la dernière ligne droite, un 16 km steeple, rivières et troncs au rendez-vous, dommage que l'eau des rivières que nous  franchissons soit marron, on a pas la chance de voir les piranhas ou les anacondas afin de leur faire un petit coucou ; en contre partie des coureurs auront la chance de voir une loutre géante, des singes, des mygales et un serpent chasseur.


 


Mardi 31 janvier   l'étape de Cayenne est réduite à 20 km , une partie a été interdite par la préfecture car l'océan qui avance sur les terres à détruit les sentiers .


Nous partons de la plage constituée d'un sable ocre et de cocotiers arrosés par les vagues de couleur marron à cause des grands fleuves comme l'Amazone qui se jette dans l'océan, dés les premiers km nous rencontrons un jeune anaconda , Jacques notre réunionnais tellement concentré à la recherche de balisage marchera dessus mais l'animal en ressortira vivant. 


Après avoir gravi trois collines où la végétation luxuriante finit sa route les racines dans l'océan, nous retombons sur une baie où la plage a disparu à cause de la marée montante. Nous voilà entrain de marcher et nager dans l'eau salée sur 1 km, ce n'est plus du trail mais une vrai Thalasso me dira un participant… !


Après un peu d'escalade le long d'une magnifique cascade sous le regard des paresseux nous arrivons sur la ligne d'arrivée au fort diamant, construit sous Vaubant pour protéger l'arrivée au port. 


L'après-midi est consacré à la visite de la réserve animalière histoire de  mettre tout le monde en appétit avant l'étape de nuit ou l'on peut croiser les yeux des animaux avec notre frontale. 


 


La nuit des créatures vous regardent…


Mercredi 1 février  Nous voilà à l'auberge des orpailleurs au milieu de la jungle à 100 km du brésil, nous sommes complètement isolés, pas de réseau téléphonique ni d'internet ; avant l'étape de nuit, on profite de faire une balade en kayak sur le fleuve afin d'observer les morphos (magnifique papillon bleu).


17h30 : l'étape est lancée pour une boucle de 11 km a effectuer deux fois, la première entre chien loup et la deuxième dans le noir total. L'ambiance est au rendez-vous, la jungle se réveille au fur et a mesure que le soleil se couche, des yeux surgissent sur les faisceaux de nos frontales ,


tout le monde finira l'étape sain et sauf sans morsure de jaguar de Guyane a déplorer.


 


A chacun son aventure


Jeudi 2 février  Etape marathon : 42 km avec 1500 m de dénivelé positif.


Départ au lever du jour, après une courte nuit. Les courbatures bien présentes, plusieurs coureurs ne prendront pas le départ en raison d’entorses, d’ampoules infectées etc... cet environnement si humide s’avère hostile lorsqu’on y est pas habitué.


Je décide à nouveau de rester avec Arnaud pour pas qu'il ne se perdre sur un parcours que je connais comme ma poche. Mon temps de référence de 4h30 sera allongé d’1h10 météo oblige.


Nous empruntons une piste de latérite utilisée pour accéder au mines d'or puis nous entrons dans la jungle sur une dizaine de km avant d'arriver sur les hauteurs du village de Cacao, sont cultivés tous les fruits et légumes consommés en Guyane. C'est le peuple Mongh originaire du Laos installé ici depuis 1977 qui se charge de cette tâche bien difficile.


Au-delà du village, nous entrons dans la jungle sur 18 km où l'on avance de balise en balise avec pour seul ravitaillement notre sac et l'eau des rivières.


17h je commence vraiment à m'inquiéter, la nuit en foret tombe dans 30 mn, je décide de partir à la rencontre des derniers. Je retrouve tout le monde. Ils ont vécu chacun leur aventure, Claire s'est fait attaquer par un chien puis s'est fait soigner par une famille Monhg, tendit que  Pierre et Annie ont fait durer le plaisir (1h30 de rallonge) en se trompant de chemin. Me voilà rassuré tout le monde est rentré !


 


Vendredi 3 février  Dernière étape dans la commune de Régina. 17 km en aller-retour avec l'ascension d'un inselberg (une montagne qui surplombe la foret amazonienne). Sur le chemin je trouve une tortue charbonnière et je la met en évidence pour que tout le monde en profite. Un peu plus loin c'est une Dendrobate  (petite grenouille de couleur jaune et bleu). Là par contre je n'y touche pas, car elle sécrète un poison que les amérindiens utilisent sur leur flèche de sarbacane pour chasser le petit gibier.


 


La dernière étape bouclée, je me sens soulagé, même s'il m’a fallu encore faire demi tour dans la forêt à la recherche de Patrick qui s’était encore égaré et qui attendait sagement sur un rocher l'arrivée de son sauveur !


Le classement de ce Guyan'trail : les trois premiers hommes sont Arnaud Lejeune, Christophe Le Saux et notre légionnaire Quentin Neple, les trois premières femmes sont Geraldine Micheron, Laurence Cochou et Karine Lallement


Dans ce genre d'épreuve la performance est au second plan.


Dans ce département français bien loin de métropole, chacun de nous fut marqué par le contraste qu'il y a entre les fusées spatiales de plusieurs millions d'euros et le peuple amérindien.


Ce peuple qui perd peu à peu ses repères et ses coutumes ancestrales, directement victime de l'aide sociale versée par la France.  De moins en moins à la chasse, à la pêche et dans leur Abbati, ils sont gagnés par obèsité, alcool, drogue.  Dure réalité !


Nous retiendrons aussi les orpailleurs clandestins qui dévastent et polluent le poumon de la terre ,et qui sont prêt a vous tirer comme des agoutis (petit rongeur mi rat mi lapin vivant dans l’Amazonie) des que vous vous approchez d'eux.


 


Mais au-delà de cette réalité, chacun de nous a vécu une évasion majeure sur un territoire et dans une forêt uniques…  


oui vraiment… à chacun son aventure !


Petit retour sur le Guyan’trail avec le récit de Christophe LeSaux
1 commentaire
lamiricore,le 20 Février 2012
Ça fait rêver !!! Quoique les anacondas, les migales ...
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